Tu t’es déjà surpris à penser : « Je ne suis pas bon pour ça » ?
Devant une nouvelle compétence ou un défi, cette petite voix peut tout bloquer. Elle te fait éviter l’effort, abandonner vite ou croire que les autres ont simplement plus de talent.
Et si elle se trompait ?
Pendant des années, en accompagnant des adultes et même des plus jeunes, j’ai vu ce moment précis où le regard change : celui ou celle qui se croyait « pas bon » découvre qu’il ou elle est en train d’apprendre. Ce déclic ne transforme pas seulement des résultats. Il transforme la confiance et la persévérance.
Ce changement de regard porte un nom : le growth mindset ou état d’esprit de croissance.
Croire qu’on peut progresser
Le growth mindset, c’est la conviction que nos capacités ne sont pas figées : elles peuvent se développer avec l’effort, les bonnes stratégies et la persévérance. À l’inverse, un état d’esprit figé nous enferme dans l’idée que notre intelligence ou nos talents seraient immuables.
La même difficulté peut être vécue de deux façons. D’un côté : « Je n’y arriverai jamais », l’erreur devient une preuve d’incompétence. De l’autre : « Je n’y arrive pas encore », l’erreur devient une information pour progresser. La différence n’est pas dans la difficulté, mais dans la façon de l’interpréter.
Ce que la recherche montre
Il faut être honnête : le growth mindset n’est pas une formule magique.
Une grande étude de David Yeager, Carol Dweck et leurs collègues, publiée dans Nature en 2019 auprès de 12 490 élèves, a montré que deux courtes séances en ligne pouvaient aider certains élèves à persévérer et à s’inscrire davantage en mathématiques avancées. Les effets étaient surtout visibles chez les élèves aux résultats plus faibles.
Les méta-analyses, comme celle de Sisk et ses collègues en 2018, montrent que l’effet moyen sur les notes reste petit. Le growth mindset ne remplace ni un bon enseignement, ni des stratégies d’apprentissage efficaces.
Autrement dit : croire qu’on peut progresser est un levier précieux, mais il devient puissant lorsqu’il est accompagné d’actions concrètes.
Ce qui aide concrètement
Ajoute le mot « encore » : « Je ne comprends pas » devient « Je ne comprends pas encore ».
Observe tes erreurs sans te juger. Demande-toi ce que la situation t’apprend.
Découpe la tâche : commence par une petite étape, plutôt que de vouloir tout faire d’un coup.
Essaie une autre stratégie : te tester, expliquer à voix haute, faire un schéma ou reprendre plus tard.
Célèbre l’effort et les progrès, pas seulement le résultat final.
Ces gestes ne demandent pas un talent particulier. Ils demandent de la régularité.
Questions fréquentes
Le growth mindset fonctionne-t-il vraiment ?
Oui, avec nuance. Croire en sa capacité d’apprendre peut favoriser la persévérance et l’ouverture aux défis. Mais l’effet sur les notes est généralement modeste et dépend du contexte.
Peut-on changer d’état d’esprit à l’âge adulte ?
Oui. Nos façons de penser ne sont pas gravées dans le marbre. Elles évoluent lorsque nous remarquons nos pensées, les reformulons et vivons de petites réussites.
Le growth mindset aide-t-il seulement à l’école ?
Non. Il peut aussi soutenir les habitudes, le travail, les relations et les défis du quotidien. Dès que tu veux progresser, croire que c’est possible t’aide à persévérer.
Une chose à retenir
Si tu ne devais retenir qu’une chose : tes capacités ne sont pas gravées dans le marbre. Passer d’un « je ne peux pas » à un « j’apprends » est un levier puissant, mais il agit avec régularité, pas par magie.
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Pour aller plus loin
Yeager, D. S., et al. (2019). A national experiment reveals where a growth mindset improves achievement. Nature, 573, 364–369.
Sisk, V. F., et al. (2018). To what extent and under which circumstances are growth mind-sets important to academic achievement? Two meta-analyses. Psychological Science, 29(4), 549–571.
Dweck, C. S. (2006). Mindset: The New Psychology of Success. Random House.
